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F. LEC - Attentat de Nice - Les vraies questions auxquelles Christian Estrosi ne répondra peut-être jamais

 

Le hasard a fait qu'avec mon épouse, nous arrivions d'Amiens sur la promenade des Anglais le 14 juillet vers 15h30, les panneaux d'affichage précisant que la promenade des Anglais serait fermée de 16h à 22h.

 

C'est cette promenade, qui fait plus de trois kilomètres, et qui chaque année est fermée partiellement à toute circulation à l'occasion du feu d'artifice du 14 juillet, que nous avons empruntée pour rejoindre notre résidence par le boulevard Gambetta.

 

Le soir de ce 14 juillet, nous préférions ne pas assister au feu d'artifice pour rester en famille chez mon fils qui habite près de l'aéroport.

Cependant, vers 22 h, nous décidions de rentrer chez nous tout en passant par la promenade des Anglais ; nous allions alors rencontrés celui qui quelques instants plus tard se transformera en criminel froid et odieux.

 

En effet, après une centaine de mètres, alors que nous nous trouvions dans une file de voitures sur cette promenade, bien avant l’hôpital Lenval, nous avons remarqué un camion blanc qui roulait sur la partie piétonne de la promenade en faisant du gymkhana au milieu des spectateurs qui revenaient du feu d'artifice.

 

Très rapidement, ce camion va prendre de la vitesse et nous avons alors compris qu'il cherchait à happer, et donc à tuer, toutes les personnes qui se trouvaient sur son passage, certaines d’entre elles seront alors projetées. A cet instant, notre véhicule et toute la file de voitures sera stoppé par deux ou trois personnes qui gesticulaient en criant « arrêtez, reculez, faites demi tour » Ce que nous avons été contraint de faire.

 

Plus précisément, nous apprenions que le camion fou avait continué sa route pendant près de deux kilomètres sans être stoppé, si ce n'est plus loin au niveau du casino où le meurtrier sera abattu.

 

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Une polémique indigne s'est alors répandue sur toutes les ondes provoquées par Christian Estrosi et Eric Ciotti, tous deux n'étant pourtant pas le maire de Nice, que nous n'avons absolument pas entendu de la soirée, ni le lendemain excepté le lundi 18 juillet au soir pour annoncer que les employés municipaux, en gants blancs, déplaçaient les bouquets de fleurs pour rendre toute la promenade à la circulation …

 

Puisque le premier intéressé, Christian Estrosi, a interpellé le Ministre de l'Intérieur, le Premier Ministre et le Président de la République, comme simple témoin de la ville de Nice, je lui pose, avec les victimes, des questions précises :

 

  • Pourquoi n'a t-il pas fait prendre un arrêté municipal interdisant la circulation sur toute la promenade des Anglais, alors que les services de la Préfecture, lors d'une réunion préparatoire aux festivités du 14 juillet qui s'est tenue le 28 juin, avait appelé l'attention des services de la ville « sur la nécessité de mieux sécuriser l'environnement de la manifestation ».

     

  • Pourquoi avoir simplement interdit l'accès de la promenade à tous véhicules à partir du boulevard Gambetta permettant ainsi au meurtrier de lancer son camion depuis le début de la promenade où nous nous trouvions sans qu'il soit arrêté.

     

  • Où se trouvait la police municipale pour contrôler l'accès des véhicules à cet endroit ce qui aurait probablement dissuadé le terroriste de passer à l'action.

     

  • Enfin, en dehors du positionnement des forces de l'ordre municipale et nationale et le périmètre de restriction de circulation, trois autres questions doit être posées à Christian Estrosi, maire de Nice durant ces huit dernières années :

     

« A quoi cela a-t-il servi d'avoir voulu la plus forte police municipale de France, de l'avoir armée et d'avoir voulu être une des villes les plus « caméralisées » (1 254) de France, si tout cela n'a pu empêcher un camion de rouler sur la promenade des Anglais alors que toute circulation aurait dù être interdite et qu'il ait fallu attendre deux kilomètres pour stopper l'assassin. »

  • Comment M. Estrosi peut-il soutenir dans une interview à Nice Matin du 16 juillet « que la police municipale n'a le droit de prendre une initiative que de manière défensive, et qu'elle ne peut neutraliser une action en amont d'un délit » alors que tout citoyen comme le prévoit le code pénal, et à plus forte raison des policiers municipaux, ont le devoir de s'opposer à tout flagrant délit ou de crime et de porter secours à toutes personnes en danger.

 

  • Enfin, si M. Estrosi avait pressenti comme il le proclame, l'affreux carnage, pourquoi n'a t'il pas fait interdire le feu d'artifice du 14 juillet comme l'on fait certains maires des Alpes maritimes à cause du vent qui soufflait parfois en rafale.

 

En lançant une polémique injuste et déplacée durant les trois jours de deuil national proclamé par le Président de la République, quelle image croit-il avoir donné de la ville de Nice et de la France devant les télévisions du monde entier ?

 

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Face à l'horreur de cet acte terroriste dont la date a été choisie précisément pour blesser la France, le respect et la solidarité avec la douleur des victimes et de leur famille s'imposait rigoureusement et c'est ce que nous avons tous fait ce 18 juillet à midi, en respectant une minute de silence sacrée.

 

Dans ces conditions, comment des politiciens peuvent-ils préférer la polémique et la critique des policiers qui se dévouent quotidiennement à la sécurité des français ?

 

Comment peuvent-ils s'en prendre au Ministre de l'Intérieur, au Premier Ministre et au Président de la République qui ont su protéger la France pendant l'Euro de foot.

 

En ce moment de crise de la République, la France mérite mieux :

 

RESPECT, UNITÉ, DIGNITÉ

 

comme l'a justement rappelé Michel Vauzelle, ancien président de la Région PACA et qui a qualifié ces attitudes de comportement indigne.

 

La Ville de Nice vient d'annoncer qu'elle se constituait partie civile dans l'information ouverte par le Paquet anti-terroriste de Paris.

Ses représentants, mais aussi M. Estrosi sera appelé au cours de cette information à nous éclairer sur les responsabilités de chacun au lieu d'avoir désigné immédiatement l’État comme bouc émissaire, semblant vouloir ainsi échapper lui-même à toutes mises en cause.

 

Gardons précieusement en mémoire le message de ce panneau tagué dressé sur le bord du trottoir où des familles entières ont été décimées.

 

 

Hommage Aux Victimes de la Folie Inhumaine

 

 

 

Francis LEC,

un élu qui a sa famille et de nombreux amis à Nice

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